Afin de commémorer les soldats de la Première Guerre mondiale, nos élèves de 3e SEGPA ont écrit quelques lettres en se mettant dans la peau des Poilus.

À travers cet exercice d’écriture, ils ont imaginé le quotidien des soldats dans les tranchées, leurs peurs, leurs espoirs. Un travail de mémoire pour mieux comprendre l’Histoire et ne pas oublier ceux qui l’ont vécue.

Lundi 15 février

Cher petit frère Paul

Quand nous sommes arrivées par ici au mois de novembre les paysages étaient magnifiques avec des champs à perte de vue plein de blés, des carottes, parsemés de riches fermes.

Maintenant tous les paysages sont dévastés. Il n’y a plus aucune végétation, tout est sombre, tout est mort, tout est en ruine.

Je pense énormément à la mort, j’ai même des hallucinations, je revois des atrocités.

Je pense tout le temps au jour où je vais disparaître de cette terre. Mais j’essaye de garder espoir.

C’est dur physiquement et mentalement.

C’est horrible tout est sale ; tout sent la mort ; on a pas asse a mangé il y as pas de douches pas de toilettes on mange pas à notre faim mais je dois rester courageux mais quand tu vas a la guerre tu te rends compte de la réalité des choses avec les soldats nous sommes dans les tranchées ses dégelasse nous voyons des cadavres tous les jours de compliquée de pas craquer quand tu vois des membres de partout par terre des odeurs de charogne bon je vais pas détraumatisé tout ça pour te dire que je pense fort à toi si je devais t’expliquer toutes les atrocités que je vis je devrais prendre tout la journée

Adieu mon cher frère 


Chère sœur Madeleine,

Samedi 2 septembre à 9h00, je suis actuellement dans une tranchée accompagnée d’Etienne.

Il y a plein de bombardements. J’aurais dû être tué plus de 100 fois avec Etienne Tanty.

On a réussi à attaquer la tranchée ennemie, on a eu beaucoup de pertes. Dans les tranchées c’est affreux, il y a des odeurs insupportables de cadavres décomposés, tout le monde est rempli de boue.

La vie est très compliquée, je me sens partir, je me suis pris une balle dans le torse, le sang coule beaucoup.

A jamais, ton frère qui t’aime.

Poutteau


Samedi 25 mars 1915 :

Ma chère mère,

Je me demande quand ce cauchemar sera fini. Ça fait déjà un an que cette guerre a commencé, je ne cesse de penser à vous. Je me souviens à peine de l’odeur de la nourriture chaude et j’ai du mal à me souvenir des visages de mes six sœurs.

Hier j’ai trouvé un violon, il était mal en point. Je n’ai même pas pu jouer un morceau que je devais déjà retourner au front. Aujourd’hui je suis retourné dans les tranchées. Il n’y a pas de nourritures, et il y a de la boue jusqu’à la ceinture, dès fois je me dis que si je meurs aujourd’hui je serais plus libre.

Mais quand je repense à toi et à mes sœurs, ça me redonne la foi de rester en vie.

Adieu, ton cher fils Gaston


Mercredi 13 novembre 1916

Randy Cappelle décédé le 15 novembre 1916 lors d’un bombardement

Chère femme je vous écris en espérant que tout va bien pour vous. Moi de mon côté a la guerre s’est très dur, hier soir les allemands nous ont bombardé pendant 5 heures ; 2600 morts.

On manque de force et nous sommes épuisés.

Il y a bientôt 3 mois que je ne me suis pas changé, mes chausure serrées me font mal.

Mes mains couvertes de coupures, mes lèvres gercées….

Cela fait 3 ans que ça a commencé ; j’espère pouvoir être lâ pour noël et que la guerre va bientôt prendre fin.

Enfin, je t’embrasse toi et les enfants

A bientôt.

Randy


Ma très chère femme,

Nous sommes en plein mois d'août, il est huit heures du matin, et la vie ici est bien désespérante. Nous mourons de faim et de soif, mais surtout, je n'ai point fermé l'œil depuis deux jours, tant les bombardements font rage autour de nous.

Il est bien difficile de vivre loin de vous, ma chère épouse. Hier soir, nous avons dû donner l'assaut à la tranchée ennemie avec mon camarade Pierre Pouteau, mon meilleur ami. Je ne sais toujours point comment j'ai pu traverser ce champ de bataille. J'aurais dû mourir cent fois tant les balles sifflaient près de mes oreilles.

Nous avons subi de nombreuses pertes, et l'odeur des cadavres est devenue insupportable. Après avoir repoussé les Allemands de leur tranchée, nous pouvons enfin grignoter un petit morceau de pain.

Je repense chaque jour à notre vie d'autrefois, à ces jours heureux passés auprès de vous. Hélas, je suis désormais prisonnier de cet enfer, loin de ceux que j'aime.

Et pour ajouter à mon malheur, mon pauvre ami Pierre a reçu une balle en pleine poitrine. Il a rendu son dernier souffle sous mes yeux. Je suis profondément bouleversé par sa disparition. C'était un homme courageux, un ami fidèle, et je n'oublierai jamais les moments passés à ses côtés.

Je pense sans cesse à vous tous et prie pour avoir la chance de vous revoir un jour. Que Dieu veille sur vous et sur notre famille.

Je vous embrasse tous tendrement et vous envoie mes plus douces pensées.

Votre époux qui vous aime et pense à vous chaque jour,

Étienne


Mes chers parents

Déjà deux mois que j’y suis, vous me manque beaucoup les conditions de vie ici sont déplorables l’odeur des cadavres se décomposent. Les fragmentent de corps un peu de partout. C’est déchirant de voir c’est camarade mourir c’est décourageant. Certains soldats en pleur d’autre agonise à cause de la douleur. Ça ne m’angoisse rien que d’y penser.

Ce qui rend ma chose plus compliquée c’est le manque d’eau est de nourriture et le fait que je me sens sale n’arrange rien, j’ai de la terre jusqu’au menton. Le bruit des obus au-dessus de ma tête chaque second me fait comprendre que la fin est plus proche que je ne l’avais prévu. J’espère de tout mon âme qu’un jour je pourrais dormir sur mes deux oreilles, vous recouvert est vous serre fort dans mes deux bras s’il m’en reste au moins encore un.


Ma très chère femme,

Nous sommes en plein mois d'août, il est 8 heures. La vie est désespérante : on meurt de faim et de soif. Mais surtout, je n'ai pas fermé l'œil depuis deux jours à cause des bombardements. C'est difficile d'être loin de vous.

Hier soir, nous avons dû attaquer la tranchée ennemie avec des pierres et des couteaux. Pierre, mon meilleur ami, était à mes côtés. Je ne sais toujours pas comment j'ai pu traverser le champ de bataille. J'aurais dû mourir cent fois.

Nous avons eu énormément de pertes, et l'odeur des cadavres est insupportable. Après avoir pris la tranchée ennemie, nous pouvons enfin grignoter un bout de pain.

Je repense tous les jours à notre vie d'avant, mais malheureusement, je suis bloqué dans cet enfer.

Et en plus, mon ami Pierre a reçu une balle dans le torse et il est décédé. J'ai vraiment tout fait pour le sauver, mais je n'ai rien pu faire.

Adieu. Je vous embrasse tous très fort.

Étienne


Maurice Maréchal, habitant d’Auvergne il écrit cette lettre à l’arrière pendant la guerre de position en 1914, 4 jours avant sa mort au front en pleine bataille.

Mon cher petit frère.

Je t’écris cette lettre pour te donner mes nouvelles ça sera sûrement la dernière je ne sais pas réellement on s’est pas ce qui peut se passer, je voulais te dire comment était la vie là-bas je sais pas par où commencer tellement c’est horrible je dirais que je n’arrive plus a dormir correctement mon cerveau est constamment en alerte, je n’arrive plus a mangé sens qu’il y a des saletés ou peu de nutriment de même pour l’eau elle est pas potable, mais je me dis constamment que c’est mieux que rien, il fait froid tout le temps dans ces tranches minuscules on est tous serré loin contre l’autre malgré la proximité mème la chaleur corporelle des autres camarades on ne la sent pas tellement le froid nous ronge le corps, les jours de pluie sont deux fois pires la terre devient boueuse salissant nos vêtements et nous mouillant jusqu’à l’os, tout ça pour dire que je souffre énormément je sens que je ne vais pas tenir longtemps je risque de mourir d’épuisement ou d’une balle dans la tête je ne dis pas que je vais survivre je veux pas me donner de l’espoir si la vérité va me rattraper. Je pense que c’est tout ce que je voulais t’écrire pour la dernière fois avant de devoir retourner a la bataille priée pour moi ma chère famille.

Je vous aime ma chère famille est adieu.


Mardi 11 novembre

Mon cher Leon,

Par miracle avant de recommencer un autres carnage le général Mauris nous a donné l’ordre de cesser le feu.

Nous les autres soldats nous avions cru que la guerre était finie nous étions heureux nous commencions a festoyer à boire de l’alcool à danser, à jouer au football avec le camps adverse.

Puis on a commencé à se raconter la vie dans les tranchées, comment ils ont fait pour tenir sans boire et sans manger et avec le climat.

Ils nous ont aussi montré les photos de leurs femmes, de leurs enfants et aussi de leurs amis morts au combat


Le 28 décembre 1914

Ma chère femme Élisabeth.

Quand nous sommes arrivés au mois de janvier. Je me demande encore bien des fois s’il est vrai que je suis encore en vivant.

On vit des choses horribles, nous avons passé des longues nuits sans dormir, huit jours sans boire et presque sans manger.

J’ai eu plus de force mentalement et physiquement, car les armes sont trop lourdes, du mal a respiré à cause de du gaz, je ne dors pratiquement jamais, je pense à chaque fois que je vais mourir, les bruits, les bombardements, les crie, mes camarades morts remplis de terre, sang, mes blessures.

En attendant nos voisins d’en face tiennent mieux leurs paroles que nous.

Bref c’est épuisant j’aimerais revenir à la maison avec nos enfants et toi ma femme.

A bientôt Elizabeth, embrasse mes enfants de ma part, et prend soin toi.


Le samedi 14 avril 1917

Ma chère femme

Par quel miracle suis-je sorti de cet enfer, je me demande si je suis encore vivant, c’étais horrible il n’y a pas un jour ou je ne pensais pas à la mort beaucoup sont mort devant mes yeux.

J’ai cru mourir de fatigue, si on dormait c’était minimum 3 heures et pas d’affiler on était tous fatigué on ne rigolait plus, on ne se parlait même plus on était tous découragé.